La Sédation (1ère partie)

La Sédation (1ère partie)
17 mai 2016 pastosante

Ce qu’il faut comprendre

La sédation est définie comme « la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience. Son but est de diminuer ou de faire disparaitre la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés et/ou mis en œuvre sans permettre d’obtenir le soulagement escompté ». La sédation peut être appliquée de façon intermittente, transitoire ou continue en phase palliative ou terminale.

Déjà, Le pape Pie XII avait déclaré en 1957 que « dans les limites indiquées et si l’on observe les conditions requises, la narcose entraînant une diminution ou une suppression de la conscience est permise par la morale naturelle et compatible avec l’esprit de l’Évangile » et qu’il est licite de supprimer la douleur au moyen de narcotiques, même avec pour effet d’amoindrir la conscience et d’abréger la vie, « s’il n’existe pas d’autres moyens, et si, dans les circonstances données, cela n’empêche pas l’accomplissement d’autres devoirs religieux et moraux » (Discours à un groupe international de médecins 24 février 1957 disponible sur le site w2.vatican.va )

Cette proposition de sédation peut être expliquée au patient de façon anticipée si l’équipe médicale redoute la survenue de complications aigues en toute fin de vie. Les souhaits du patient vis-à-vis de cette pratique peuvent également être mentionnés dans ses directives anticipées.

Certaines indications sont bien connues : hémorragies cataclysmiques, détresses respiratoires asphyxiques, syndromes confusionnels majeurs…

En cas de souffrance
à dominante psychologique ou existentielle, une sédation transitoire peut être proposée au malade après évaluation répétée multidisciplinaire associant un psychologue ou un psychiatre.

La mise en place d’une sédation fait suite à une procédure médicale collégiale et à une concertation en équipe multidisciplinaire.

Les situations où une sédation est nécessaire sont rares, moins de 1% en unité de soins palliatifs en France. Des études ont été conduites sur le risque potentiel d’accélération de la fin de vie : la plupart concluent en l’absence de survenue anticipée de la mort si la sédation respecte les bonnes pratiques professionnelles.

La Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP) a élaboré des recommandations sur la sédation pour détresse en phase terminale dans des situations spécifiques et complexes dès 2004. Ces recommandations de bonne pratique ont reçu le label de la HAS (Haute Autorité de Santé) en 2010. Les textes de ces recommandations sont disponibles sur le site de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs http://www.sfap.org/

Dans une deuxième partie, nous aborderons les nouvelles données législatives (loi Léonetti-Claeys 2016) et les limites de la sédation.

Dr Isabelle Palayer