La vieillesse, source d’émerveillement

La vieillesse, source d’émerveillement
11 avril 2017 pastosante

Il est d’usage de débuter une réflexion sur le grand âge avec des chiffres : vieillissement de la population, nombres de centenaires, de personnes atteinte de maladie d’Alzheimer, de progression de la dépendance… Si ces chiffres ont leur intérêt pour les décideurs, au niveau individuel, ils ne véhiculent que peurs et rejet de la part des « jeunes » et sentiment d’être un fardeau au sein de la société pour les « âgés ».

Depuis plus de 15 ans, de nombreuses publications nous invitent à changer le regard sur nos aînés.

Sans aller jusqu’à considérer que des personnalités comme Gisèle Casadesus, François Chang ou Jean d’Ormesson représentent la majorité des personnes âgées, force est de reconnaitre que beauté et grand âge ne sont pas incompatibles.

Aujourd’hui, comme chacun le sait, nous vivons plus longtemps. Mais cette quantité de vie qui nous est donnée va également de pair avec une qualité de vie car nous vivons plus longtemps au domicile et sans incapacités.

Que faire pour vieillir bien ? Rien d’exceptionnel ! Bouger, manger, avoir une vie sociale et ne pas cesser d’utiliser son cerveau…

L’isolement au grand âge ? Malheureusement oui pour certains, mais non pour la majorité. (« 75% des résidents concernés en EHPAD ont eu la visite d’un proche dans la journée précédant leur décès » Rapport ONFDV 2013).

Inutiles les personnes âgées ? Combien restent le pilier de leur famille, confidents discrets des états d’âmes des plus jeunes quand ce n’est pas par une aide financière ? Et ceux qui, « monastères invisibles » dans le silence de leur chambre confient à Dieu les misères de ce monde…

Et si la maladie frappe ? Il s’éloigne le temps où, pour une simple considération d’âge, les patients étaient refusés pour certains traitements. Quel que soit l’âge, même centenaire, une situation qui apparaissait inquiétante, voire parfois désespérée, peut évoluer favorablement avec de bons soins, une mobilisation des proches et des soignants sans faille et surtout, la volonté du patient. Si des maladies comme celles qui touchent aux fonctions intellectuelles font peur, à juste titre, il n’en reste pas moins que le « cerveau affectif », au plus profond de chaque être, ne sera jamais atteint.

Quand la mort approche, c’est souvent la personne âgée qui en a le plus conscience et parfois s’abandonne, ayant le sentiment d’avoir accompli sa vie. Chrétiens, nous voyons quelles grâces sont données dans l’épreuve de la maladie et de la mort.

« Ce qui rend la vieillesse morose, ce n’est pas la perte de ses joies mais de ses espérances » Jean Paul Richter.
Nous sommes responsables de notre regard sur nos aînés et par conséquent, de leur espérance.
La vieillesse est source d’émerveillement !

Dr Isabelle Palayer