La joie de l’Evangile au cœur de notre mission

Le pape François en donnant à l’Eglise son exhortation apostolique Evangelii gaudium, le 24 novembre 2013, en conclusion de l’année de la Foi, ouverte par son prédécesseur Benoît XVI, a remis au cœur de la démarche chrétienne, une réalité qui avait été peut-être trop enfouie sous des données juridiques ou dogmatiques, au point qu’on pouvait ne plus y faire référence que comme un appel à la conversion… alors que la joie de l’Évangile appartient à notre vocation de disciple du Christ.

Cela nous est signifié lors de notre baptême par l’onction de saint-chrême : le prêtre [ou l’évêque ou le diacre] marque le nouveau baptisé avec une huile odoriférante parce que la vie avec le Christ n’est pas une vie sentant la sueur mais une vie qui sent la bonne odeur de Dieu.

Le père François Varillon sj soulignait cette vocation de tout baptisé : nous sommes faits pour la joie, la joie de Dieu qui se dit en Jésus Christ : La révolte de la conscience devant le mal serait une absurdité si elle ne s’enracinait pas dans une certitude. A moins de se résigner à l’absurdité de nos aspirations les plus fondamentales vers la justice, le bien, l’amour, la fraternité, à moins d’accepter de dire que tout cela n’est qu’une illusion, il faut admettre, derrière le refus ou le scandale du mal, une aspiration qui, d’une certaine manière, nous assure déjà quel le mal est surmonté. N’est-ce pas que nous sommes faits pour la joie, parce que notre vocation est le bonheur, que nous protestons contre le mal et la souffrance ? J’affirme que si notre vocation qui est gravée au cœur de notre conscience, n’était pas une vocation à la joie, notre indignation contre le mal et la souffrance ne serait pas ce qu’elle est. Par le salut proposé en Jésus Christ, c’est, en définitive, la Joie qui sera victorieuses. Le Christ nous dit bien : je veux que là où je suis, vous soyez avec moi [Jean 14, 3.1. Divinisés, introduits au cœur même de la Trinité, participants à ces relations d’amour qui sont celles des trois Personnes, nous nous donnerons les uns aux autres le Don que les trois Personnes se font d’Elles-mêmes, l’une à l’autre. Notre joie sera la Joie même de Dieu.

Un autre jésuite – je vous prie de m’excuser -, Alfred Delp [1907-1945] écrivait du fond de sa prison alors qu’il attendait son exécution par ses bourreaux nazis : Comment vivre alors pour être ou devenir capable de joie vraie ? Il faut d’abord prendre au sérieux notre vocation à la joie, comme nous prenons au sérieux notre existence. Il faut, jusque dans la misère et dans la nuit, croire au vœu profond de notre cœur et à la voix de notre Dieu, qui nous disent que nous sommes créés pour la joie, c’est-à-dire pour une vie pleine, qui a un sens, qui connaît ses possibilités, qui se sait sur le chemin du salut, aidée et soutenue par la force et la puissance divines, qui se sait bénie, envoyée et appelée par Dieu lui-même.

Paul VI, en 1975, lui aussi dans une exhortation apostolique au titre parlant, Gaudete in Domino [Réjouissez-vous dans le Seigneur], consacrée à la joie chrétienne proclamait : Depuis vingt siècles, la source de la joie spirituelle n’a pas cessé de jaillir dans l’Église, et spécialement dans le cœur des saints… Dans la vie des membres de l’Église, leur participation à la joie du Seigneur ne peut pas être dissociée de la célébration du mystère eucharistique, où ils sont nourris et désaltérés par son corps et son sang. Car dans ce sacrement, soutenus joie comme des voyageurs sur la route de l’éternité, ils reçoivent déjà les premiers fruits de la fin des temps. Vue ainsi, la joie vaste et profonde répandue dès ici-bas dans le cœur des vrais fidèles se montre débordante, comme la vie et l’amour dont elle est justement le signe. Elle est le résultat de la communion entre l’homme et Dieu ; elle aspire à une communion toujours plus universelle. 1l n’est pas possible qu’elle incite ceux qui la goûtent à une attitude de repli sur soi. Elle donne au cœur une ouverture universelle sur le monde, et en même temps elle le blesse du désir de goûter les biens éternels… [n. 4].

Jean-Paul II, son successeur, insistait pour souligner la centralité de la joie dans la vie chrétienne : Le chrétien, comme nous y exhorte saint Paul [1 Thessaloniciens 5, 161 doit être toujours joyeux, mais la joie chrétienne n’est pas la fuite des responsabilités. Ce n’est pas un étourdissement dans les plaisirs fugaces du présent. La joie chrétienne, c’est d’avoir retrouvé sa dignité perdue, après être rentré en nous-mêmes et avoir écouté la parole du Christ.

Cette joie qui est le cœur de la vie chrétienne, dont nous sommes les dépositaires pour l’offrir aux autres, et qui doit donner le style de notre mission, au milieu d’un monde marqué par des souffrances, le pape François soucieux d’une communauté missionnaire la désigne comme ce qui peut être l’apport essentiel des chrétiens pour redire le projet de Dieu pour l’humanité : Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie. Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité [EG, n. 2].

Or, cette joie de l’Évangile où puise-t-elle sa source ? D’une rencontre vraie et profonde avec Jésus Christ. C’est pourquoi le pape François, avec son style bien particulier d’une réflexion familière et imagée introduit avec insistance la nécessité pour chacun de mettre la personne de Jésus Christ au cœur de son existence, et donc aussi de l’Eglise. Il ouvre son exhortation ainsi : J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. 1l n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que personne n’est exclu de la joie que nous apporte le Seigneur [EG, n. 3]. C’est cette présence à notre vie – au-delà de toutes nos défections ou défaillances – qui procure la joie, joie que rien ne peut ravir ou ternir, joie qui est donnée pour être partagée. Il rappelle, en citant l’exhortation apostolique de Paul VI Evangelii nuntiandi, que Jésus est le tout premier et le plus grand évangélisateur qui appelle chacun à prendre part à l’œuvre du salut [§ 12], donc au cheminement vers le bonheur. Cette affirmation vient de façons récurrentes dans ses homélies, mais aussi dans les textes ou messages adressés en diverses occasions.

En juillet 2013, rencontrant des séminaristes, des novices et des jeunes en cheminement vocationnel [mais cela peut s’adresser à chacun d’entre nous], il affirmait : N’ayez pas peur de montrer votre joie d’avoir répondu à l’appel du Seigneur, à son choix d’amour, et de témoigner de son Évangile à travers le service de l’Eglise. Et la joie, la vraie, est contagieuse ; elle contamine… elle fait avancer. En revanche, quand tu te trouves avec un séminariste trop sérieux, trop triste, ou avec une novice comme ça, tu penses mais il y a quelque chose qui ne va pas ! Il manque la joie du Seigneur, la joie qui te pousse au service, la joie de la rencontre avec Jésus, qui te pousse à la rencontre des autres pour annoncer Jésus. Il manque cela ! Il n’y a pas de sainteté dans la tristesse, il n’y en a pas ! Sainte Thérèse – il y a beaucoup d’Espagnols ici qui la connaissent bien – disait Un saint triste est un triste saint ! C’est peu de chose… Quand tu trouves un séminariste, un prêtre, une sœur, une novice, qui tire une tête longue, triste, qui donne l’impression qu’on a jeté sur sa vie une couverture bien trempée, de ces couvertures pesantes… qui te tirent vers le bas… Il y a quelque chose qui ne va pas ! Alors s’il vous plait jamais de sœurs, jamais de prêtres avec une tête de piment au vinaigre, jamais ! La joie qui vient de Jésus.

Les premiers mots de l’exhortation sont les suivants : La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui et libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours [EG, n. 1]. Pour nous, il nous faut être sensibles à cette rencontre à renouveler constamment, car c’est elle qui donne sens à notre engagement : Le Christ est la Bonne Nouvelle éternelle [Apocalypse 14, 6], et il est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles [Hébreux 13, 8], mais sa richesse et sa beauté sont inépuisables. Il est toujours jeune et source constante de nouveauté… Il peut toujours, avec sa nouveauté, renouveler notre vie et notre communauté, et même si la proposition chrétienne traverse des époques d’obscurité et de faiblesse ecclésiales, elle ne vieillit jamais. Jésus Christ peut aussi rompre les schémas ennuyeux dans lesquels nous prétendons l’enfermer et il nous surprend avec sa constante créativité divine. Chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui. En réalité, toute action évangélisatrice authentique est toujours nouvelle [EG, n. 11]. Jésus-Christ est-il pour moi encore, après… années de vie chrétienne/de vie religieuse, une Bonne Nouvelle, c’est-à-dire est-il, au-delà de mon savoir sur lui [qui peut occulter sa nouveauté en nous ou en paralyser la quête], au-delà de ma fonction, au-delà des belles phrases prononcées à son propos comme des images les plus pieuses proposées aux autres, une nouvelle qui fait de chaque moment de ma vie un commencement s’originant en lui ? Comment reste-t-il pour moi un chemin de bonheur à découvrir ? Acceptons-nous de vivre cette rencontre au risque qu’elle nous désinstalle, qu’elle bouscule nos certitudes, qu’elle remette en cause nos plans [pastoraux, en particulier] ? C’est seulement, affirme le pape François, grâce à cette rencontre – ou nouvelle rencontre – avec l’amour de Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto-référence. Nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve la source de l’action évangélisatrice. Parce que, si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? [EG, n. 8].

Cette expérience personnelle d’une rencontre unique, c’est elle qui donne sens à notre identité : Il nous prend du milieu du peuple et nous envoie à son peuple, de sorte que notre identité ne se comprend pas sans cette appartenance [EG, n. 268]. Nous sommes donc invités, pour être les passeurs que le Christ veut, à nourrir cette rencontre, en nous nourrissant de la Bonne Nouvelle qu’est le Christ, en fréquentant assidûment la Parole : impossible de prétendre parler du Christ sans une familiarité personnelle avec la Parole de Dieu [EG, n. 150].
Les évangiles témoignent de cette efficience de la rencontre avec Jésus. Il suffirait de les reprendre péricope après péricope. Retenons quelques rencontres.

Dans l’évangile selon Jean, au chapitre 1, deux disciples de Jean le Baptiste, à son instigation, ont suivi Jésus. Que s’est-il passé ? Quels ont été les propos échangés ? Nous ignorons tout. Simplement nous savons qu’ils sont allés avec lui, qu’ils ont demeuré auprès de lui… Pourtant, André va trouver son frère, Simon, et l’amène à Jésus… De même Philippe est hélé par une invitation à laquelle il ne se dérobe pas : Suis-moi… Il va trouver Nathanaël et le conduit à Jésus.

Dans le même évangile, souvenons-nous de cette rencontre au puits de Jacob [chapitre 4], une femme vient à l’heure de la pleine lumière : C’était environ la sixième heure. Un dialogue se noue entre cette femme venue au puits des pères pour chercher de l’eau, de quoi vivre, et cet homme qui propose une eau vive… Elle entre dans cette lumière qui l’illumine…
Elle remonte vers ses concitoyens, laissant là sa cruche devenue inutile : Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle [v. 14]… Elle et porteuse de cette source, qui jaillit aiguisant la soif des autres ; ces autres qui viennent à lui et se désaltèrent auprès de lui : Ce n’est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons ; nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est le Sauveur du monde.
Autre exemple, dans l’évangile de Marc au chapitre 1. Un lépreux vient à Jésus et lui adresse une prière : Si tu le veux, tu peux me purifier. Jésus répond à son attente en entrant avec lui dans une extrême proximité : Jésus étendit la main et le toucha et dit : Je le veux sois purifié. L’homme, alors, malgré la consigne de silence, se met à proclamer bien haut et à répandre la nouvelle, si bien que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville puisqu’il avait touché le lépreux, mais l’on venait à lui de toute part.
Nous pourrions continuer à feuilleter les évangiles, pour multiplier les exemples. Un même et unique constat s’imposerait : nul ne peut rencontrer Jésus sans être touché, bousculé, retourné, renversé, sans être marqué au plus profond de soi et sans devenir porteur de cette Bonne Nouvelle et sans désirer la partager. Une Bonne Nouvelle ne s’enfouit pas, elle se clame, elle s’offre, elle irradie surtout quand tout l’être en est chaviré. Rencontrer, c’est se laisser surprendre. Rencontrer Jésus Christ dans sa vie, c’est laisser une vie nouvelle entrer en soi, c’est accepter que demain ne soit plus comme hier. Il y a un avant et un après la rencontre.

Une porte est franchie, cela est bien signifié au baptême. Un être nouveau surgit ! C’est à cette survenue de la surprise qu’est le Christ dans le monde des hommes que le pape François nous convie, pour la répandre même là où elle n’est pas attendue : On ne peut persévérer dans une évangélisation fervente, si on n’est pas convaincu, en vertu de sa propre expérience, qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître, que marcher avec lui n’est pas la même chose que marcher à tâtons, que pouvoir l’écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose que pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose. Essayer de construire le monde avec son Évangile n’est pas la même chose que de le faire seulement par sa propre raison. Nous savons bien qu’avec lui la vie devient beaucoup plus pleine et qu’avec lui, il est plus facile de trouver un sens à tout. C’est pourquoi nous évangélisons [EG, n. 266].

Sommes-nous encore, au sens vrai de ce mot qui porte en son cœur le mot Dieu, des enthousiastes [c’est-à-dire des êtres possédés par le Dieu qui nous saisit] ? Le Christ, révélateur du Père, habite-t-il en nous au point que ceux dont nous partageons l’existence, les joies et les peines, les espoirs et les tristesses,… puissent l’y découvrir et être saisis par lui ou sommes-nous, pour reprendre une expression du pape François, des chrétiens qui ont un air de Carême sans Pâques [EG, n. 6] ? Question à laquelle lui-même apporte une réponse tout au long de son exhortation.

En attendant nourrissons-nous d’une interpellation du cardinal Bergoglio à ses frères évêques espagnols, en 2006, lors d’une retraite spirituelle qu’il leur donnait : L’appartenance au Christ ne se juge pas uniquement sur l’appartenance physique à une communauté. Cela va plus loin : c’est l’appartenance au Saint Esprit, c’est se laisser oindre par le même Esprit qui a oint Jésus. Fréquenter le Christ nous conforme à lui, vivant de la même onction. La joie, et nous l’oublions trop souvent, ne naît pas d’un volontarisme à vaincre nos peurs ou nos défaillances, ne naît pas d’une cécité sur la réalité du quotidien qui nous meurtrit ou qui défigure ceux qui sont isolés, abîmes dans leur corps ou dans leur esprit,… Non ! La joie est un don de l’Esprit à accueillir, comme l’écrit Paul à l’Eglise des Galates : Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi… Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit [Galates 5, 22 et 25]. Au baptême, cet Esprit renouvelle toute notre vie ; notre vie est désignée comme la terre où le fruit de l’Esprit peut éclore. Reprenons un texte de l’évangile selon Jean qui nous est bien [trop ?] connu : le récit des noces de Cana [Jean 2, 1-42]. Les jarres sont vides… Jésus les fait remplir et elles le sont – signale le texte – jusqu’au bord. Ensuite il invite à porter à tous, en commençant par le maître du repas, l’eau devenue vin. L’eau de la Loi, des préceptes humains, des difficultés rencontrées qui semblent parfois insurmontables et qui peuvent donner l’impression d’un vide…, par sa présence, est devenue vin du Royaume. En lui et par lui, toutes choses deviennent nouvelles. Sachons apporter jusqu’à lui cette eau de nos vies, pour que sa présence nous y donne à goûter le vin nouveau du Royaume et qu’ainsi nous puissions le porter à tous ceux qui l’attendent pour que leur vie soit renouvelée. La joie de l’Evangile, c’est cette présence du Christ, mort et ressuscité, qui fait de la vie de chacun une Bonne Nouvelle qui peut donner la joie à tous. Rayonnons de la joie pascale. Nous sommes les témoins de cette heureuse nouvelle qui change le monde. Faisons nôtres ces paroles du pape François, citant Benoît XVI : Je ne me lasserai jamais de répéter ces paroles de Benoît XVI qui nous conduisent au cœur de l’Évangile : À l’origine du fait d’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive.

Temps personnel :
Luc 10, 17-24 : La joie des disciples au retour de mission et la joie du Fils

« Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
« À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
« Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

  • Prendre le temps de relire tranquillement le texte
  1. Les disciples reviennent tout joyeux de ce qui s’est accompli durant la mission qui fut la leur : ils ont vu des signes du Royaume : Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom.
    Quand je regarde mes rencontres, quels sont les signes du Royaume qui me réjouissent ? Quelle[s] expérience[s] je qualifierais ainsi ?
  2. Jésus leur fait toucher du cœur que l’important de leur joie ne doit pas résider dans ce qu’ils ont fait mais de ce que le Père a accompli à travers eux.
    Est-ce que je sais rapporter au Père ce que l’autorité du Fils m’a donné de porter aux autres ? Est-ce pour moi une expérience d’humilité : agir non par capacités mais par l’amour de Dieu ?
  3. A la joie des disciples succède la joie de Jésus : il exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint. Jésus se réjouit de ce que l’œuvre du Père se réalise et aille vers son achèvement ? Ce faisant il se réjouit d’être Fils pour travailler à la gloire du Père.
    Comment ma mission me donne-t-elle de me réjouir d’être fils/fille de l’unique Père, d’être frère/sœur de Jésus Christ ?
  • Terminer par un temps où je rendrai grâce à Dieu de ce qu’il accomplit à travers moi, où je confierai les personnes dont j’ai la charge, où je nommerai devant Dieu ceux que je suis appelé[e] à visiter…

Jean-Luc RAGONNEAU sj
Pastorale de la santé de Marseille
14 octobre 2014

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