Un accueil sacramentel de la fragilité

C’est en réponse à ces invitations de la Parole de Dieu que l’Église propose des démarches sacramentelles particulièrement propices au soutien, à la consolation et parfois à la guérison de ceux qui sont dans la fragilité. Cette réponse n’est pas facultative mais représente une responsabilité et une obligation pour les communautés chrétiennes.

Un accueil sacramentel de la fragilité

« J’étais malade et vous m’avez visité » (Matthieu 25, 36). « Si l’un de vous est malade, qu’il fasse venir les Anciens de l’Église » (Jacques 5, 14). C’est en réponse à ces invitations de la Parole de Dieu que l’Église propose des démarches sacramentelles particulièrement propices au soutien, à la consolation et parfois à la guérison de ceux qui sont dans la fragilité. Cette réponse n’est pas facultative mais représente une responsabilité et une obligation pour les communautés chrétiennes. À cette occasion, elles peuvent découvrir qu’il ne s’agit pas seulement de se soucier des malades, mais aussi de recevoir et d’apprendre d’eux. En effet, du cœur de leur épreuve, ils nous rappellent à la fois notre destinée et notre vocation. Nous sommes des créatures limitées et mortelles et il ne faut pas fuir cette réalité. Or, nous avons aussi en nous des trésors de compassion que la fragilité des autres nous révèle parfois dans l’étonnement d’une rencontre.

Les rites au secours de la santé

La santé, la maladie et la guérison représentent des réalités infiniment complexes qui marquent toute vie humaine. L’humanité, depuis les origines, a essayé de les apprivoiser, non seulement par de multiples tentatives de soin mais aussi par des rituels de protection, d’intercession, de purification, de guérison… En effet, l’être humain est marqué par la temporalité, l’usure du co7-Witle-s-étapes de la vie, donc par des rythmes. Or, qui dit rythme, dit rite. Le rôle du rite est de marquer les rythmes de la vie en célébrant des passages, en institutionnalisant des étapes, qu’elles soient propres à la vie humaine ou à la succession des saisons (suivant les grands mouvements cosmiques liés à la lune ou au soleil).

La santé aussi a ses rites référencés, depuis les cérémonies des guérisseurs traditionnels en passant par les rituels thérapeutiques contemporains de la biomédecine ou de la psychanalyse. On relève d’abord les rites de consultation, suivis par ceux du quotidien de l’hospitalisation et, parfois, par les grands-messes des blocs opératoires. Tous et tout s’y retrouvent : les « prêtres », les assistants, les gestes plus ou moins sacralisés, les symboles, les interdits, jusqu’à restaurer parfois les oppositions entre le pur et l’impur… Ici aussi, croyances et « garants de l’orthodoxie » sont sollicités.

Au sein de cet univers ritualisé, le rôle des religions est désormais officiellement reconnu en milieu hospitalier. Dans une vision intégrale — holistique — de la santé, on reconnaît que les « secours de la religion » peuvent concerner prioritairement les personnes fragiles et, même, avoir un rôle à jouer dans le soin. Sans oublier que nombre de soignants, confrontés, au quotidien, à la souffrance et à la mort, ressentent parfois le besoin de puiser dans ces ressources. La dimension religieuse ou spirituelle apporte du sens et du réconfort et ouvre ainsi à une transcendance. L’être humain n’est pas qu’une biologie ou un composé psychosomatique : il est un être de raison et de sentiment ouvert à l’absolu et à la relation. Elle rappelle aussi que l’action médicale elle-même tire son origine et reçoit sa signification d’une source qui élargit à l’infini les souffrances et le souci immédiat de la personne fragile, qui les élargit aux dimensions de Dieu et de l’ensemble de la communauté humaine.

Plus il se sent fragile, plus l’être humain multiplie les rites, retombant parfois dans une mentalité magique. Or, paradoxalement, en humanisant la maladie — faute de pouvoir toujours la guérir —, les rites religieux ouvrent sur le divin et même sur l’éternité. Le corps n’est décidément pas le tout de l’homme. Bien plus, d’un point de vue chrétien, tout ce qui touche à l’homme — créé à l’image, comme à la ressemblance de Dieu —affecte Dieu lui-même, son créateur et Père. À la fin des temps, le Christ rappellera qu’il était dans chaque personne fragile : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (d’après Matthieu 25, 35-40).

En effet, en rejoignant un être fragile dans sa soif de compassion et en l’ouvrant à un ailleurs, le rite permet à la fragilité de devenir source de sens. Les symboles renvoient à une fécondité qui ouvre sur l’invisible. Car un rituel chrétien invite à accueillir et à vivre en relation ce qui habituellement entraîne la rupture de la relation. En effet, la souffrance enferme souvent dans le mutisme ou, à l’inverse, s’exprime dans une débauche de mots. Elle coupe aussi le rapport à Dieu, un Dieu jugé absent ou inefficace. Grâce au rite, qui est une démarche communautaire et une médiation de la grâce, une porte s’ouvre vers l’espérance, vers d’autres possibles. Le rite permet aussi l’expression de l’angoisse et l’accueil d’une consolation. Lorsque, durant l’eucharistie, comme l’écrit saint Paul : « (Nous annonçons) la mort du Seigneur jusqu’à son retour » (1 Corinthiens 11, 26), nous proclamons déjà que la mort n’aura pas le dernier mot.

Un rite vécu magiquement est différent des rites tirés de la Bible, en ce que ceux-ci ne sont pas centrés uniquement sur l’homme souffrant qui veut être libéré immédiatement et automatiquement de son mal, tenté ainsi par le déni et la toute-puissance. Il ouvre à la présence de Dieu.

C’est ce que montre la scène du serpent d’airain élevé dans le désert durant l’exode du peuple juif (Nombres 21, 5-9). Yahvé, ayant envoyé des serpents mortels aux juifs pour qu’ils réalisent la gravité de leur faute, déclare : « Quiconque aura été mordu (par un serpent mortel) et le regardera, restera en vie. » Ce rite ouvre à l’avenir par la promesse : « Tu resteras en vie. » Xavier Thévenot fait remarquer que les Hébreux révoltés contre Dieu auraient préféré être débarrassés des serpents envoyés 1. Certes, le danger des serpents aurait alors été écarté, mais pas, pour autant, la tentation de la révolte contre Dieu et du refus de lui faire confiance. En disant à Moïse de forger ce serpent d’airain, Dieu ne supprime pas la fragilité de ceux qui l’appellent au secours. Le péril est toujours là et les serpents restent mortels. Il ne les pousse pas non plus à occulter la possibilité de la mort, qui fait partie de leur condition. Au contraire, Il leur demande de regarder en face le serpent dangereux, non plus avec terreur, mais dans un mouvement de confiance : le regard qui se pose sur le serpent d’airain rappelle alors la promesse : « Si tu me fais confiance, tu resteras en vie… »

C’est le contraire du récit de la Genèse où la rencontre avec le serpent est fatale. Car celui-ci invite les premiers humains à prendre la place de Dieu, au risque de la rupture définitive. Ici, l’humble démarche de la foi permet de surmonter la tentation de la toute-puissance et de rappeler la racine du péché : le soupçon porté sur Dieu censé vouloir la mort de l’homme alors qu’Il l’appelle sans cesse à la vie (Deutéronome 30, 19).

Pour le chrétien, c’est vers le Christ, élevé sur une croix cette fois, que les regards sont invités à se tourner. C’est à lui que nous sommes invités à donner notre confiance. À celui qui a crié : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », « la vulnérabilité d’un supplicié criant sa détresse et son questionnement devient source de foi vivifiante. Véritable folie pour la sagesse des Grecs2 » (1 Corinthiens 1, 23).

Or, la résurrection du Christ n’a pas anéanti sa vulnérabilité. Tout d’abord, c’est à travers l’obscure clarté d’une foi toujours vulnérable qu’il est reconnu ressuscité. Ensuite, les plaies de sa Passion sont autant d’invitations à faire mémoire des conditions de notre libération de la mort : l’exécution d’un innocent nous rappelle notre capacité à pervertir notre liberté jusque-là. Enfin, comme le rappelle le Jugement dernier qui vient d’être évoqué, le Ressuscité s’offre de façon privilégiée sous les traits des plus fragiles : les affamés, les assoiffés, les malades, les étrangers… Il s’est identifié définitivement à ceux que nous sommes les premiers tentés d’ignorer et d’exclure volontairement parce qu’ils nous renvoient à nos propres fragilités et aussi à notre besoin de salut.

Ainsi, que ce soit par le rite du serpent d’airain ou par la célébration de la croix victorieuse, nous nous souvenons que, sans poser un acte de confiance en Celui qui est source de toute vie et vainqueur de la mort, notre fragilité risque fort d’être vécue uniquement comme un scandale et une mutilation en opposition avec notre rêve trop humain de santé éternelle.

Inscrire le sacrement dans l’ensemble d’une expérience humaine

C’est dans cette perspective que nous pouvons considérer maintenant les propositions de sacrements pour les malades, dans l’esprit d’une « relecture sacramentelle de l’existence chrétienne 3 ». Il sera question ici de l’onction des malades mais cette réflexion peut aussi bien s’appliquer à un approfondissement du sens des sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation. Le risque existe non seulement de réduire la sacramentalité de l’Église aux sept sacrements, mais aussi de limiter le soutien sacramentel des malades à la seule célébration de l’onction, que d’aucuns continuent de qualifier d’« extrême ».

Pour saint Augustin, le premier, le seul sacrement, c’est le Christ, visage humain de Dieu auquel il renvoie en tant que chemin, vérité et vie. « Qui me voit, voit le Père, dit Jésus à Philippe » (Jean 14, 8-9). Le second est l’Église, sacrement de salut pour le monde qui annonce le Royaume de tout son être. C’est à partir de cette double condition originaire que peuvent être définis les sept sacrements, écrit Louis-Michel Renier4. Dans un article dont le titre précise bien l’objectif, il situe l’onction des malades à la fois dans le contexte d’une approche holistique de la santé et de la maladie, et dans le partenariat qu’il tient à promouvoir entre les aumôniers et autres représentants des religions, les personnels de santé et les familles. Ces deux dimensions, en humanisant les rituels, permettent de rendre compte de la spécificité et de la complémentarité de la démarche sacramentelle chrétienne, ouverte au contexte plus large du soin et du soutien des personnes fragiles.

L’enjeu est d’inscrire l’accompagnement spirituel et les rituels dans un partenariat avec le personnel soignant et les familles. Certains soignants en milieu hospitalier en sont convaincus et collaborent activement avec les aumôneries. Informés de la religion et des attentes d’un malade, ils favorisent le contact avec celles-ci. D’autres perçoivent la présence des aumôniers ou des bénévoles comme un obstacle à la bonne marche du service, surtout quand les restrictions budgétaires les obligent à accélérer les cadences. Cela dépend aussi en grande partie du regard que l’on pose sur une personne malade et de la conception que l’on a du soin, un regard réduit à l’aspect matériel ou ouvert à l’angoisse et à la fragilité du malade en quête d’écoute et de consolation.

En effet, une personne malade est touchée dans toutes ses dimensions par l’expérience de la fragilité. Le corps reste bien sûr prioritaire et le premier acte à poser doit calmer la douleur. Celle-ci retentit négativement sur les autres dimensions de l’être humain. Mais qui dit corps dit aussi temporalité, et on sait que la maladie génère souvent une altération du rapport au temps qui peut déboucher sur de l’angoisse. Ensuite, nous avons vu que la maladie modifiait la relation aux autres et à la parole. Ce phénomène est souvent lié à une crise d’identité.

Une autre relation qui, se modifie est celle que le patient entretient avec le monde et le cosmos. Introduit dans l’univers étrange du milieu hospitalier, il perd ses repères familiers. Ce traumatisme culturel — surtout si le malade n’est pas de culture occidentale — s’ajoute à la pathologie biologique ou psychique.

Quant à la relation à l’Église, elle peut se révéler plus ténue qu’il n’y paraissait. Certains découvrent qu’une fois absents des assemblées ou réduits à l’incapacité de rendre les services habituels, ils comptent moins pour leur communauté qu’ils auraient pu l’espérer. Enfin, il y a la relation au divin, à l’invisible ou au Dieu personnel. Nous avons vu que l’expérience de la fragilité pouvait entraîner une crise de la foi et de l’espérance, allant parfois jusqu’à l’abandon de toute pratique religieuse. On comprend alors que la guérison de la relation à Dieu soit déterminante dans une démarche spirituelle.

Dans le contexte d’une approche intégrale de la santé, une conception de la sacramentalité où toute médiation humaine est reconnue comme expression du don de Dieu est la bienvenue. Louis-Michel Renier souhaite « accueillir tous les gestes d’humanité, même ceux des non-croyants […] comme des éléments susceptibles d’aider la personne vulnérable à découvrir la présence de l’Esprit à l’œuvre dans toute réalité humaine. Le partenariat trouve ici toute son importance s ». C’est dans ce souci premier d’aider le malade à retrouver goût à la vie que l’ensemble des acteurs pourraient se retrouver — à cette profondeur — au même diapason.

Qu’en est-il de la démarche sacramentelle ? Dans la présentation du rituel de l’onction des malades, on note un élargissement de la démarche proprement sacramentelle à l’expérience humaine. Cette évolution rejoint le besoin de partenariat noué autour du souci d’être présent auprès de celui ou celle qui n’en peut plus de vivre. D’où l’importance d’introduire au cœur de la démarche spirituelle toutes les médiations qui participent à la guérison et au salut. La spécificité de l’aumônerie consiste à « permettre de découvrir qu’il peut exister une différence entre le guérir et le sauver », comme nous l’avons noté à propos des dix lépreux. Il s’agit de « croire que, par-delà la maladie, guérison physique ou non, peut exister une résurrection, celle offerte par Dieu quoi qu’il arrive 6 ». Dans ce cas, l’expérience de la fragilité peut donner accès à un sens nouveau, à une sorte de seconde naissance (exprimée parfois par une nouvelle maturité ou une espérance plus vive).

Une multitude de signes porteurs de vie sont offerts par l’entourage d’un malade : ils peuvent donner sens à son épreuve et, peut-être, à la mort qui approche. C’est ce qui se vit de plus en plus dans les soins palliatifs. Les aumôniers aussi peuvent proposer ce qui leur tient à cœur, sans que cela relève forcément d’un rituel, car tout le monde n’y est pas prêt. Tout ce qui exprime la proximité, l’écoute, le respect, le réconfort ainsi que toutes les formes de prière, de dévotion, de célébration de la Parole sont significatifs de la compassion de Dieu exprimée par son Église. Une approche globale du soin et de la personne crée un cadre favorable à une prise en compte de l’ensemble de la sacramentalité de l’existence. Cette approche est d’autant plus nécessaire à une époque où un nombre croissant de chrétiens sont dans des situations — souvent dues aux blessures de la vie — qui, à cause d’une irrégularité canonique, ne les autorisent plus à recevoir le secours des sacrements.

Le rituel de l’onction des malades propose heureusement une grande diversité de signes, sacramentels ou non. Tous sont ordonnés à la consolation et rappellent que, malgré tout, une vie reste possible avec le soutien de la grâce, jamais refusé. Il est important que les signes proprement sacramentels — communion, réconciliation, viatique — soient reliés aux autres signes, de simple humanité parfois, qui proviennent de l’entourage. La célébration sacramentelle sera d’autant mieux mise en valeur et elle évitera une ritualité magique ou fonctionnelle. Sans quoi le rite, risque de rester extérieur et isolé. L’onction des malades prend aussi plus de sens quand elle s’inscrit dans un ensemble de démarches de visites, d’accompagnement, de présence fidèle, qui s’ajoute au soin. Alors, elle célèbre et soutient le combat de la vie — mené jusqu’à la mort — avec toute la communauté soignante, les bénévoles et les aumôniers. Elle signifie aussi qu’au-delà du réconfort humain apporté par toutes ces médiations, la grâce de Dieu rejoint le malade pour l’ouvrir à une plénitude de vie dont l’horizon n’est pas terrestre. Elle élargit le temps et l’espace pour nourrir ce combat et ouvrir à une espérance, quoi qu’il arrive.

Un chemin de réconciliation

Parce qu’elle symbolise et célèbre la sollicitude du Christ qui a toujours privilégié les plus fragiles, l’onction des malades peut favoriser des réconciliations de toutes sortes : « la réconciliation du malade avec son propre corps, la restauration de sa communication avec le monde et le cosmos, enfin l’intégration de sa finitude et de sa possible mort. Il s’agit en fait de célébrer la réunification d’un certain nombre d’éléments avec lesquels le malade a pu se trouver comme en rupture ou à distance, cette réunification prenant en ce moment précis une signification nouvelle 7. » Il se trouve convié à un consentement qui dépasse sa guérison immédiate. On a constaté qu’un tel mouvement intérieur, ainsi qu’un apaisement de l’angoisse, pouvait provoquer une amélioration aux plans biologique et psychique. Appelé à une communion plus large que celle à laquelle il était habitué, le malade n’est pas tenté de s’enfermer, il peut vivre une restauration de son identité personnelle.

L’usage de l’huile met en valeur la dimension concrète du sacrement qui prend en compte toute la personne, à commencer par sa corporéité. L’huile renvoie aussi au baptême du malade, à son appartenance à la communauté chrétienne et à tout le diocèse, puisqu’elle a été bénie par l’évêque lors de la messe chrismale du Lundi Saint. Elle est aussi une allusion à l’embaumement qui a précédé la mort-résurrection du Christ, sa victoire définitive sur la mort.

Cette démarche sacramentelle inclut — au nom même de l’incarnation — une demande de guérison, qu’elle soit physique, psychique ou sociale. On l’a trop longtemps oublié, alors qu’elle remonte aux plus anciennes traditions de l’Église. Elle devrait aussi permettre au malade d’ouvrir sa demande de guérison à l’accueil d’un salut qui n’est pas lié à des résultats immédiats et visibles. Elle est ouverture vers une vie « autre ».

L’onction faite sur le front et les mains signifie symboliquement que la tendresse de Dieu rejoint la personne et la touche dans tout son corps, dans son histoire, qui a marqué celui-ci et dont il est la mémoire, dans toutes ses relations dont la bienveillance lui a permis de vivre ou qui l’ont blessé. Elle libère l’Esprit dans les profondeurs de son cœur en lui rappelant que le Christ l’a précédé dans toutes ses souffrances et qu’en lui, il est déjà ressuscité. Nombreux sont ceux qui ont été émus par le rayonnement émanant du visage de malades ayant reçu cette onction divine dans la foi et l’abandon, fruit de l’œuvre de l’Esprit qui assouplit ce qui est rigide et rend le corps déjà lumineux de la promesse.

La vertu curative de l’huile de l’onction sainte .qui était appliquée et bue par les premiers chrétiens est attestée depuis très longtemps. Le passage suivant d’une prière datant du ive siècle et qui était prononcée le Jeudi Saint en fait foi.

« Et que ta sainte bénédiction soit pour quiconque s’en oint, l’absorbe ou se l’applique, un remède du corps, de l’âme et de l’esprit, pour chasser toute douleur, toute faiblesse, toute maladie de l’esprit et du corps, [elle] dont tu as oint les prêtres, les rois, les prophètes et les martyres, ta bonne huile d’onction, bénite par toi, Seigneur, demeurant dans nos entrailles, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Par qui tu crées toujours, Seigneur, tous ces biens… » Tradition apostolique, Emitte dans le Sacramentaire gélasien.

Grâce aux sacrements de l’onction des malades, de la réconciliation et de l’eucharistie, l’Église peut jouer un rôle important dans le processus de guérison ou d’acceptation de la fragilité. Plus il y aura de collaboration avec les soignants et les familles, plus la démarche sacramentelle s’inscrira dans l’ensemble des pratiques de soin et de soutien moral du patient, plus les sacrements réaliseront la finalité pour laquelle ils ont été fondés : être signes et moyens efficaces d’un salut qui manifeste la tendresse privilégiée du cœur de Dieu pour les plus fragiles.

De Bernard Ugeux, extrait de « traverser nos fragilités » pages 141 et suivantes

Télécharger la fiche

ELIHU

Découvrez la newsletter de la pastorale de la Santé (actus, rendez-vous, portraits…)

Formations des aidants

Retrouvez ici toutes les dates et les thèmes des formations que nous organisons chaque année.

Nos actualités

Toutes les actualités de la pastorale de la Santé