Le courage

 

«Quand on mise tout sur le Christ, on ne peut pas se décourager !»

Nous sommes souvent découragés. Pourquoi Dieu semble-t-il parfois loin, absent ? Où trouver le courage d’avancer ? Élyane Casalonga, théologienne, décortique le ressort du courage.

La présence de Dieu n’est pas d’ordre émotionnel ou ressenti, c’est une expérience de foi. Dieu ne fait pas de va-et-vient dans nos vies, il ne joue pas avec l’homme. Il est toujours là. Avoir la foi, c’est entrer dans un autre regard. Cela ne dépend pas de nos états d’âme, qui sont de l’ordre de notre fragilité humaine. Dieu est plus grand que notre fragilité, et ce n’est pas parce que je ne le ressens pas qu’il n’est pas là.

Pourtant, il peut arriver de le ressentir très fort, beaucoup en font l’expérience. C’est vrai, on est traversé par des moments de lumière, la présence de Dieu déborde. On ressent l’émotion de l’amour, mais, comme dans le couple, l’amour de Dieu ne dépend pas de ce que je ressens. Dans la maturité, l’émotion n’est plus là, mais l’amour oui, et il nous fait poser de vrais actes d’amour gratuits. D’ailleurs, les grands spirituels ne s’y trompent pas. Tous connaissent des « nuits» spirituelles qu’ils surmontent avec constance et dans la foi.

Le découragement est de l’ordre de la psychologie humaine, pas de l’ordre de la foi. On ne se décourage que parce qu’on se regarde. Ce qui définit la vie spirituelle, c’est l’entrée dans un chemin où le Christ, qui donne la foi et l’amour, est central. Thérèse de Lisieux disait que le découragement est une forme d’orgueil. Quand on mise tout sur le Christ, on ne peut pas se décourager. Car l’amour reçu de Dieu donne la force d’agir, c’est un puissant moteur d’énergie, c’est la respiration de l’homme. Cet amour donne sens à la vie et rend tout possible.

Oui, la force est une vertu donnée par l’Esprit saint quand on s’oublie, quand on n’est plus centré sur soi mais sur le Christ. Quand on ne regarde plus que Lui. La vraie force est de se savoir faible, d’abandonner notre faiblesse dans les mains de Dieu et de faire ainsi l’expérience de sa miséricorde. Nous sommes tous lâches, pitoyables, mais Dieu nous demande de faire confiance et il vient ainsi habiter notre misère. Voilà ce qu’est l’Incarnation, D’ailleurs, on le sait bien. Quand nous traversons de grandes épreuves, quand nous ressentons de grandes souffrances, nous sentons bien que si nous sommes profondément unis au Christ ces souffrances sont tenables. Nous communions aux souffrances de Jésus sur la Croix. Dans l’épreuve la plus cruelle, être uni à Dieu rend tout supportable. « Si tu souffres pour Dieu et pour Dieu seul, cette souffrance ne te fait pas de mal et ne t’est pas pesante, car Dieu porte le fardeau» écrivait maître Eckhart (Sermon 2).

Oui. Quand on aime, on peut traverser tous les hivers. C’est exactement l’expérience de Jean de la Croix qui a vécu neuf mois dans un réduit étouffant, changeant de tunique une seule fois, sans pouvoir célébrer, au pain et à l’eau, sans lumière, battu par ses propres frères. Accablé de douleur, il compose ses plus beaux poèmes, en profonde union avec le Christ auquel il s’identifie. Quand on souffre avec Jésus, c’est Lui qui porte le fardeau. Tous nos drames sont le lieu de Dieu, et le vrai courage, c’est d’avoir peur et d’agir quand même, malgré notre lâcheté, portés par cet amour. À partir de là, on peut faire face, surmonter ses peurs, on peut agir, supporter l’injustice, la calomnie, l’ingratitude. On peut accueillir les événements tels qu’ils sont, sans violence intérieure. Cette grâce nous convertit, nous ouvre à l’humilité, à la patience envers soi-même et envers les autres. Nous devenons courageux.

Élyane Casalonga, théologienne

 

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