Dans un monde de fragilités, vivre et accompagner

A – Reconnaître nos fragilités

Dans un monde de concurrence, de compétition, de rentabilité, les fragilités humaines interrogent… En 2009, l’Institut de science et de théologie des religions de l’Institut catholique de Toulouse s’associait à l’Arche de Jean Vanier pour l’organisation d’un colloque sur le thème de la fragilité. Près de mille personnes se retrouvèrent alors. Nous en avons les échos dans un petit livre sorti chez Albin Michel « La fragilité faiblesse ou richesse ? » Notre société est pleine de paradoxes et tous ceux qui accompagnent des souffrants – et vous en êtes – ne peuvent que constater combien il est difficile et essentiel de laisser émerger le vécu des personnes fragilisées. « Celui qui a des oreilles, qu’il entende », disait Jésus de Nazareth; c’est aussi ce qui vous rassemble !

C’est bien de parler de fragilité, mais c’est prioritaire de parler de solidité. Toute la médecine contemporaine s’est construite dans le souhait de combattre la maladie. La force des médecins s’appuie sur leurs compétences et nous savons que cela induit un rapport inégal dans la relation de soin. Le soignant est celui qui est supposé savoir… On a même parfois envie d’exiger d’eux une obligation de résultat… La force est le fondement du vivant ! La vie est dans une logique: la force créatrice à l’œuvre dans tous les éléments de l’univers… La matière résiste et heureusement. Rien ne se perd, tout se transforme ! Regardez la force de la vie à l’œuvre dans un petit enfant… Tous les vivants font effort pour persévérer dans leur « Être ».

Le vouloir vivre est une lutte… le combat pour la vie (struggle for life). Naturellement, notre organisme réagit contre les agressions et fabrique ses anticorps. Croyants ou non, nous ne pouvons que nous étonner devant cette force : elle est dans les vagues qui fouettent les rochers, dans la giroflée qui fleurit dans la muraille, dans la main qui serre celle du malade en réanimation. Il y a une force de la matière (l’image du roc dans la Bible) et de la nature qui enveloppe l’être humain et le sécurise.

Le lent travail d’émancipation de l’homme est fondé sur la force. Force physique d’abord et, en même temps, force de la réflexion et de la volonté. Ces combats de l’homme avec les éléments, avec les structures de pouvoir puis avec une conception aliénante de Dieu structurent notre civilisation. En ce sens, on fait souvent référence à la parole de Dieu s’adressant à l’homme dans la Genèse : « Remplisses la terre et domine-la » (Gn 1, 28). Nous savons qu’aujourd’hui une interrogation écologique met en question cette compréhension du pouvoir de l’homme…

Ce qui fait l’homme, c’est le désir de comprendre et de maîtriser les forces qui influencent. Dans le domaine de la santé, qui nous concerne plus directement, naguère on soulageait, on apportait un certain confort, on différait la mort… Tous les progrès, depuis un siècle, ont fait rêver, en donnant l’illusion d’une lente maîtrise de l’homme sur le vivant. Nous vivons même désormais une forme de terrorisme de l’efficacité. Avec une obligation de moyens qui peut devenir une obligation de résultat, le défi de la réussite ! Nos sociétés occidentales sont des sociétés de performance : toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus… Notre regard croyant nous conduit à exprimer notre étonnement devant l’œuvre de Création que nous lisons comme un travail de séparation. La meilleure définition de l’Esprit Saint est sans doute la force. Cet Esprit qui planait sur les eaux et qui fait advenir toutes choses nouvelles. Nous ne sommes pas dans une soumission aux forces obscures comme nous pouvons le voir dans certains romans ou films. Par ailleurs, la foi a toujours affronté la tentation du manichéisme (même St Augustin y a goûté !).

Cette nature, lue comme Création, est confiée à l’être humain (homme et femme), dans le cadre d’une alliance dans laquelle Dieu s’implique fidèlement. Il nous faut être vigilants devant un certain discours sur l’humilité, la soumission, le renoncement, la culpabilité et la souffrance en christianisme ! Pour une part Nietzsche avait raison lorsqu’il dénonçait cet aspect particulièrement mis en valeur après la Révolution, dans la société bourgeoise du XIXe siècle. Souvenons-nous de la parole du Christ: « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).

La fragilisation

Parlons de fragilisation (qui exprime un devenir) plutôt que de fragilité (qui dit un état). La vie nous fait rencontrer pour nous-mêmes ou pour les autres cette épreuve. Vous savez que Maurice Bellet a bien décrit cette épreuve. « Je n’ai pas envie d’être fragile ! » Cette affirmation de Lytta Basset, affrontée au suicide de son fils, nous rappelle quelques exigences !
– La fragilité n’est pas la faiblesse inhérente à l’identité humaine;
– Elle n’est pas la vulnérabilité (nous en parlerons… celle-ci est une démarche) ;
– Elle n’est pas la passivité consentie (car la fragilité n’a pas de vis-à-vis).

L’épreuve vient renverser un équilibre sans prévenir. Elle projette dans un espace sans repères. Elle provoque souvent la sidération et le silence puisqu’elle n’est pas intégrable immédiatement. Elle annihile les facultés d’adaptation. Elle fait entrer dans l’univers de l’inquiétude, de la démaîtrise. Elle laisse sans voix et comme sans émotions. Le sens est sens dessus dessous ! N’oublions pas que la coquille de l’œuf se casse pour laisser passer la vie.

« Veux-tu guérir? » Cette question est comme un appel à devenir « sujet ». Cela suppose quelques exigences :
– Rester dans le non-pouvoir quant au passé : ne pas s’installer dans la culpabilité ;
– Rester dans le non-savoir quant à l’avenir (veillez…) ;
– Apprendre à se laisser faire (pas de volontarisme pour être « normal ») ;
– Regarder la réalité en face (elle ne ment pas) ;
– Laisser venir les résonances avec les pertes passées (pas de fatalité).

Il faut intégrer la perte pour sortir de la fragilisation ; consentir à entrer dans le tombeau où l’avenir a disparu… et découvrir, quand monte l’aube, qu’il est vide ! Mais il faut aussi retrouver un orient pour notre existence. L’Évangile nous parle de « bâtir sur le Roc». La blessure coupe même le désir de communication. « A quoi bon… laissez-moi la paix. J’ai honte de moi. » C’est vrai que, lorsque l’on est pris dans les rets du filet, on a sûrement envie que ça s’arrête. Vivre c’est accepter cette altération. Vivre c’est accepter non seulement de vieillir mais de devenir. Vivre c’est accepter de repartir, de « commencements en commencements », nous dit Grégoire de Nazianze…
Pour créer l’homme, Dieu a mis beaucoup du sien… Créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (fort et tendre à la fois), l’être humain vit une double filiation (humaine et divine). Le tentateur biblique vient séparer ces deux filiations. L’homme est invité à prendre sa vie en main : la vie lui est confiée en toute responsabilité. Mais, le petit d’homme est le plus inachevé des êtres vivants. Au cœur de ce devenir, nous traversons des pertes d’autonomie, des souffrances qui obligent à faire des deuils. Mais la perte d’autonomie ne touche pas à l’image de Dieu en nous. Une vie humaine peut toujours être « humanisante ». Les fragilisations nous burinent, nous rendent plus « tendres ». Nous y gagnons en « tendreté », pourrait-on dire.

La mauvaise fragilité: la peur de l’autre. Nous vivons dans la peur : avec le sacro-saint principe de précaution. Nos sociétés fabriquent de l’exclusion… les gens exclus n’ont plus de rites et de symboles qui donnent du sens… Ils ne peuvent souvent réguler leurs pulsions. Nous connaissons bien les mécanismes de rejet, de non-reconnaissance… l’agressivité (qui cache une plainte), la dépression, la dépréciation, la déstabilisation, l’abandon. La souffrance éloigne, elle crée une faille, elle expose. Nous nous servons de nos déboires pour attirer l’attention. Celui qui est « perdu » a tendance à se perdre dans le groupe (nous comprenons alors la facilité de soumission dans les sectes).

Marie-Hélène Boucand, médecin et malade, écrit dans un numéro de la revue A.H.: « Mon avenir c’est aujourd’hui. Mon travail de chaque matin est de vivre un jour de plus et de le vivre le mieux possible. C’est un vrai combat. La maladie, je n’y peux rien et elle est mauvaise, en soi. Mais ma façon de réagir est le lieu de ma liberté et de ma responsabilité. Être touchée, mais non écrasée et accueillir la grâce de la traversée qui m’est donnée. Je suis profondément seule à me battre contre la maladie, mais dans cette solitude existentielle, je peux aussi être en communion avec tous les malades et personnes handicapées anonymes qui se battent au quotidien. Je me sens particulièrement solidaire de ceux qui ont la même maladie que moi »

Nous avons tous besoin des autres pour vivre et pour vivre bien dans nos reconnaissances et nos complémentarités réciproques. La maladie, la dépendance viennent nous dire le manque qui nous constitue et nous met en situation d’interdépendance les uns des autres pour demander, donner et recevoir. Le manque nous fait toucher notre incomplétude, notre besoin d’être, d’exister les uns par et pour les autres. La demande, l’expression de nos besoins et de nos désirs nécessitent l’humilité et la simplicité de l’expression adressée à un autre lorsque le corps défaille. Cet autre qui doit être suffisamment attentif pour nous demander : «Que veux-tu que je fasse pour toi ?» pour venir soulager les maux de nos corps souffrants, sans anticiper la réponse.

B – Accompagner tes fragilités des autres

La vulnérabilité se veut partage d’humanité. Accueillir l’autre en nous, lui donner l’hospitalité. La générosité fait de la fragilité un chemin. Ce souci de l’autre dans l’altérité sera ce que nous nommons « compassion ». Reconnaître autrui comme autre, ne pas le nier et ne pas le ramener à soi (risque d’autruicide !). Le beau risque de l’autre qui se joue dans la réciprocité.

Accepter de se laisser accueillir par l’autre :
– Mt 10, 40 : «..Qui vous accueille, m’accueille… » ;
– Mc 6, 10 : « Quand vous avec trouvé ».

Nous vivons une présence qui a foi en l’autre… C’est pour cela que Jésus ne fera pas de miracle à Nazareth ! Une rencontre de pauvre à pauvre ! Etre libre de tout projet ! Venir vers l’autre dans la gratuité de la rencontre. Accepter ses limites et reconnaître ses sentiments…

C’est l’autre qui est maître du « jeu » pour exister comme « je ». C’est la même démarche que dans la Lectio divina… (On ne met pas la main sur Dieu !) Permettre à l’autre, par notre présence/écoute, de sortir de la violence et faire advenir l’humain… (Convoquer en humanitude). L’autre est une personne (être relationnel, en quête de spiritualité).

Se laisser toucher par l’autre : l’hémorroïsse (Mc 5, 25-34).
Se laisser bousculer par l’autre: la Syro-Phénicienne (Mt 15, 21-29).
Ne pas se laisser piéger par le bavardage, mais accéder au spirituel, là où se dit un combat intérieur… le spirituel n’est pas le religieux, c’est le mystère de l’homme…

La maladie n’est pas une parenthèse dans la vie de la personne malade. Elle insinue le doute et fait jaillir la colère devant l’absence de réponse au « pourquoi ». Cette colère, si elle ne trouve pas d’interlocuteur, menace toujours de se retourner contre soi. L’écoute est essentielle pour aider l’autre à sortir de son isolement, à quitter l’amertume qui détruit. Mais la colère est aussi une force, la puissance de l’indignation qui maintient debout et vivant.

Vivre la compassion. Non seulement il nous faut écouter, mais il nous faut vivre la compassion. Voilà un beau mot : la compassion… C’est tout simplement avoir des frissons, avoir des entrailles. Dans l’Évangile on dit que Jésus fut saisi de pitié. Ses entrailles tremblèrent. Comme les entrailles du Père que l’on retrouve dans L’Évangile de l’enfant prodigue. Vous connaissez cette merveilleuse représentation de Rembrandt où l’on voit l’enfant prodigue poser sa tête sur le ventre « matriciel » du Père pour renaître du pardon… La compassion va permettre à l’autre de renaître avec sa blessure. Accepter de se laisser transformer par une autre personne. La compassion n’est pas condescendance (ce qu’exprime hélas le mot de pitié !). Vivre la compassion, c’est ne pas chercher d’abord à se protéger. Celle-ci peut aussi parfois conduire aux pleurs et nous savons qu’il y a une béatitude concernant les pleurs. En Jésus nous découvrons un Dieu qui pleure. Nous touchons du doigt la passion de Dieu pour sa création, pour son peuple. La souffrance n’est pas un manque d’être, et la compassion non plus… Cette dernière est l’expression d’un surplus d’amour qui est en moi. La souffrance de l’autre nous délivre de nous-mêmes en faisant de nous un gardien et non un spectateur.

À partir du moment où la compassion me délivre de moi-même, à partir du moment où je me laisse toucher par la souffrance de l’autre, j’ai beaucoup moins de risques d’être un spectateur ou d’être quelqu’un qui dit des banalités pour occuper le temps. La souffrance de l’autre nous convoque en gardien de nos frères, contrairement à ce que répond Caïn : « Suis je le gardien de mon frère ? » à Dieu qui lui demande : « Qui est ton frère, Abel ? »… La souffrance partagée devient ouverture. Nous n’avons pas la solution pour l’autre mais nous partageons. Nous vivons, comme le père de l’enfant prodigue dans nos entrailles, cette compassion qui nous fait naître comme elle fait naître d’autres à une réalité nouvelle. C’est le sens de la parole du Christ aux pèlerins d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela ? » C’est en cela que les souffrances du Christ ont du prix…

Se reconnaître dépendant, avoir besoin d’une main, d’une parole pour être aidé, oser se montrer vulnérable et fragile… Nous ne pouvons pas donner du sens dans une vie traversée par la souffrance lorsque nous refusons de nous reconnaître vulnérable et fragile. Nous ne pouvons pas aider l’autre à donner du sens à son existence si l’on est dans un désir d’invulnérabilité. Aimer jusqu’à se montrer vulnérable. Car notre Dieu est vulnérable. Il en est mort sur la croix. Il s’est laissé toucher, frapper et, par cela, il a fait alliance avec nous.

C – Au cœur d’un combat

La maladie fait entrer dans un chemin de dépendance. Elle entre sans prévenir dans une existence et bouscule les chairs et l’esprit. Devant cette « invasion » de t’ennemi, la personne malade s’en remet totalement à la compétence du soignant. Toute la vie semble alors se résumer à ce combat entre le soignant et la maladie; aussi parfois le malade peut se sentir « hors jeu » et donc d’une certaine manière « hors-je ». Il entre dans un parcours du combattant en passant de mains en mains. Il fait confiance et voudrait sans doute mieux comprendre ce qui se passe en lui.

La maladie fait vaciller le sujet. Il prend conscience de son corps souffrant et donc en remarque la faiblesse. Son image de soi est en question. Parfois le corps devient une demeure hostile. Alors la maladie fait naître le doute de soi – et je ne parle pas seulement de la maladie mentale – la maladie met l’existence entre parenthèses et interdit tout projet. Le malade est contraint d’abandonner la logique de la durée pour s’adapter à l’imprévisible, à la précarité de l’existence.

Une batterie d’examens qui tente de sécuriser la décision du soignant peut également nourrir l’inquiétude du patient et le conduire à mal maîtriser son impatience !

Devant tant de sollicitudes, le malade a parfois l’impression d’être celui dont on s’occupe et plus tellement celui qu’on écoute. Il est pris en charge et voit les têtes des soignants changer, sans toujours pouvoir exprimer les doutes et les questions qui l’habitent.

Claire Marin dans son livre « Hors de soi » constate : « On oublie le malade, on ne s’intéresse plus qu’à sa maladie, on le confond avec elle. On réduit son identité au dysfonctionnement de son corps, à une défaillance, à une identité essentiellement négative, marquée par la lacune, l’erreur, le défaut. Identifier un individu à un processus de dégradation ou de destruction, c’est extrêmement agressif. Identifier chez l’autre ses faiblesses, c’est aussi lui signifier, d’une certaine manière, le pouvoir que l’on peut avoir sur lui. »

La quête d’une cause. Très facilement la blessure, la souffrance est mise en relation avec une cause : « Qu’est que j’ai fait pour mériter cela ?» C’est le principe de la cause et de l’effet. Quand il y a un effet, il doit y avoir une cause. Mais, paradoxalement, ce n’est pas rassurant quand il n’y a pas de cause, et très rassurant quand il y a des causes. Voilà pourquoi cela fabrique de la culpabilité. Cela rassure !

Si vous croyez en Dieu et en Dieu bon, la question se complique : « Pourquoi Dieu laisse faire tout cela ? » « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? » « Qu’est-ce que veut me dite Dieu à travers cette souffrance ? » « C’est peut-être Dieu qui me l’envoie »… Si la cause de la souffrance, c’est Dieu, il y a donc des raisons pour qu’il m’envoie ce message. À moi de décoder ce message et quand le message sera décodé, tout ira bien.

Relisons Job qui met Dieu en procès, qui le somme de s’expliquer. Vous savez combien Job n’accepte pas les réponses que ses « amis » lui proposent. Lorsque Job va sommer Dieu de s’expliquer, Dieu ne rentrera pas dans cette relation de cause à effet et fera accéder Job, et donc nous-mêmes, à une autre réalité. Dieu va seulement dire : « Qui es-tu Job pour m’interroger ? Il y a une distance entre toi et moi. » Devant la souffrance, nous sommes invités à ne pas entrer dans le schéma « cause et effet », mais nous sommes invités dans la relation avec Celui qui est autre, que je ne peux instrumentaliser et qui n’est pas à l’origine de ce qui nous advient.

Retenons aussi ce combat de Jacob au bord du Yabboq (Genèse 32) avec celui qu’il va découvrir être le messager (l’ange) de Dieu… c’est-à-dire avec Dieu. Dans ce combat, Jacob va découvrir son identité propre puisque le messager de Dieu va lui donner son nom : « Tu es Israël» (ce qui veut dire celui qui combat avec Dieu). Et puisque, chrétiens, nous nous reconnaissons comme le peuple de Dieu, notre identité se dit aussi dans le combat avec Dieu. De ce combat, nous connaissons le psaume 90: « Seigneur, pourquoi me rejeter ? Pourquoi me cacher ta face?»… lis sont nombreux les psaumes qui légitiment notre demande de comptes à Dieu… Relisez les textes d’Etty Hillesum dans lesquels elle se bat, disant justement à Dieu : «Je vais te rappeler qui tu es. Tu as besoin de moi pour que je te rappelle qui tu es ». Si nous parlons de création, citons le chapitre 8 de la lettre aux Romains : « Cette création est tout entière dans le travail de l’enfantement ». Cette souffrance participe à cet avènement de la création. En Jésus, Dieu va assumer ce procès que l’homme lui fait.

Prendre soin de l’homme atteint dans son intégrité physique ou psychique, c’est aussi être témoin d’une espérance au cœur de la souffrance spirituelle. Nous savons bien que la compassion n’appelle pas des réponses toutes faites ou des discours théoriques. (Souvenons-nous des amis de Job !) Elle est commune acceptation de la fragilité de l’existence, partage de vulnérabilités, et pour le chrétien, la possibilité de confesser que Dieu se dit dans cette fragilité qu’il a épousée en Jésus-Christ. (Nous pouvons avoir en mémoire la très belle hymne aux Philippiens). Le plus fragile est mon semblable et il est à l’image de Dieu. Alors seulement, la souffrance peut être traversée dans un désir de « vivre ».

Extrait du livre : « La rencontre des vulnérabilités »
de Jean-Marie Onfray

 

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