Conseils de lecture n°3

Conseils de lecture n°3
4 janvier 2016 pastosante

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal,  Paru en mai 2015, Editions Gallimard

«Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps.» Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.
Cette présentation de la quatrième de couverture ne dit pas la puissance évocatrice du style qui nous plonge dans chaque personnage par l’intérieur : tour à tour, nous sommes ce jeune homme, son père et sa mère, le médecin, l’infirmière, la petite amie, la femme bénéficiaire du don ; nous sommes dans la chambre d’hôpital, dans le bureau du médecin qui, avec une délicatesse infinie annonce aux parents de Simon l’inéluctable, avec l’infirmier qui ouvre la perspective du don d’organe avec tant d’humanité et puis, nous sommes au bloc, dans l’appartement de Marie qui attend, elle, l’annonce heureuse d’une transplantation… Marie qui est rejointe par l’interrogation métaphysique qu’ouvre une telle perspective… un « roman », oui dans nos catégories… mais tellement plus qu’un roman ! Une belle plongée dans l’humain dans toute sa chair servie par un style éblouissant qui sait se mettre au service d’une aventure qui, par son côté extrême, renvoie chacun dans ses limites ultimes… un livre dont on a du mal à se sépare, à le voir finir.

Lettre ELIHU n°10

Repères chrétiens en bioéthique, La vie humaine, du début à la fin de Françoise Niessen et Olivier de Dinechin, Paru en septembre 2015, Editeur Salvator

La conviction des auteurs de cet ouvrage est que l’éthique catholique peut apporter une contribution pertinente à la réflexion bioéthique dans une société pluraliste et à des décideurs responsables qui respectent la dignité inaliénable de tout être humain confronté à la maladie, à la souffrance et à la mort. L’objectif principal de ce livre précis, concret et documenté (références multiples aux Écritures et au Magistère) est pédagogique. Il est donc accessible à tous ceux qui s’interrogent sur les pratiques médicales ou biomédicales alimentant le débat actuel et qui recherchent un éclairage chrétien. Tout lecteur pourra se sentir interpellé par l’option suivie par les auteurs en faveur d’une éthique de l’hospitalité qui préside aux pratiques et aux enjeux de la médecine. Un guide unique et essentiel qui s’inspire de la morale de gradualité prônée par le pape François pour promouvoir

Les auteurs

  • Olivier de Dinechin, jésuite (s.j.) fut longtemps délégué de l’Épiscopat français pour les questions morales concernant la vie humaine et membre du Comité consultatif national d’éthique au titre de l’Eglise catholique ; il a formé pendant de très nombreuses années les étudiants en théologie au Centre Sèvres – facultés jésuites de Paris – dans les domaines de la bioéthique et de la spiritualité du soin, et il accompagne des couples éprouvés par une infertilité ou un diagnostic prénatal sombre.
  • Françoise Niessen, laïque consacrée et médecin, enseigne la théologie morale fondamentale et la bioéthique aux futurs prêtres du séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Hauts de Seine) et du séminaire Saint-Jean de Nantes (Loire Atlantique).

Lettre ELIHU n°10